EN ÉGYPTE…

Sur les traces ignorées de la sainte famille

Jésus aurait vraisemblablement séjourné en Égypte à plusieurs reprises. Il y aurait effectué une ultime préparation pour la mission qu’il devait accomplir en Palestine, juste avant son retour sur sa terre natale… Après nous avoir parlé de Jésus l’Essénien dans son livre « De mémoire d’Essénien », Daniel Meurois- nous révèle ici les éléments d’une autre histoire complètement méconnue, celle de « Jésus l’Egyptien ».
Quand on évoque l’Égypte, on pense évidemment aux pharaons et à leur phénoménale civilisation. Les hommes et leurs créations y sont devenus légendaires. À juste titre, d’ailleurs car quiconque a posé les pieds – ne serait-ce qu’une fois – sur la terre de Râ est impressionné par les vestiges de ce qu’un peuple de visionnaires est parvenu à générer au fil du Nil et des millénaires.

L’Égypte, cependant, n’est pas que ¨pharaonique¨; elle n’est pas que temples fastueux, pyramides et momies.

Il existe en effet une autre Égypte, beaucoup plus discrète celle-là. On n’en parle presque pas, on ne la publicise pas. Pas seulement parce qu’elle est certes moins spectaculaire que la première mais surtout parce qu’elle peut devenir dérangeante si on s’attarde trop à elle.

C’est l’Égypte de Jésus et, par voix de conséquence, celle aussi des premiers Chrétiens. On la considère trop peu souvent et c’est bien regrettable car, non seulement elle est passionnante mais elle nous permet de poser un regard différent, parce que plus ouvert, sur les origines de la Tradition chrétienne

À quoi ressemble-t-elle, au juste, cette Égypte de Jésus ? On croit en ¨régler le cas¨ rapidement en se souvenant de la tradition qui veut que celle-ci ait recueilli la Sainte Famille cherchant à échapper au fameux ¨Massacre des Innocents¨. Cependant, il n’y a pas que l’ensemble de la Chrétienté qui accepte le principe de Jésus-enfant sur le sol égyptien. On peut en apprendre plus en regardant ailleurs et différemment.

L’Islam lui-même, qui respecte la personne de Jésus – ce que beaucoup de Chrétiens ignorent – affirme par exemple que la Sainte Famille aurait vécu environ trois ans sur la terre des pharaons. Il parle aussi d’un séjour qui l’aurait conduit jusqu’à 300 kilomètres au sud du Caire, à Deir-el-Moharraq, C’est là que Jésus aurait planté les premiers éléments du Christianisme avec la destruction d’idoles et la manifestation de sources et d’arbres miraculeux… Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’éléments qui ne concernent pas un nouveau né !

Mais revenons au ¨Massacre des Innocents¨…

Celui-ci est loin d’être une vérité historiquement rattachable à la toute petite enfance de Jésus. Nombre de chercheurs estiment en effet qu’il est probable que le massacre collectif attribué à Hérode ne soit que la transposition d’un autre massacre, analogue, ayant eu lieu des siècles plus tôt. Il n’y aurait donc pas eu de ¨fuite en Égypte¨… mais plutôt un séjour parfaitement volontaire.

Pour quelle raison alors ? On nous a toujours dit qu’entre le peuple de Moïse et celui des pharaons il existait une inimitié pour le moins ancestrale.

C’est ce questionnement qui m’a incité, sur plusieurs années, à pousser un peu plus loin ma propre recherche quant à la vie discrète et finalement rendue secrète de Jésus.
Même si je ne suis pas historien, l’Histoire m’intéresse… surtout lorsqu’elle permet une meilleure compréhension de ce qui habite notre mémoire collective inconsciente et qu’elle facilite le rapprochement des peuples au-delà des manipulations politico-religieuses. Mon outil d’investigation, comme on le sait, est la consultation des Annales akashiques. C’est donc d’après la Mémoire qu’elle constitue que je vous fais part ici de quelques éléments de dé-couvertes et de réflexion…

à Denderah avec les prêtres-astrologues.

En fait, il faut d’abord savoir que la Sainte Famille n’était pas simplement constituée de Marie, de Joseph et de Jésus, encore nourrisson. Il y avait également en son sein des fils de Joseph nés d’un premier mariage ainsi que plusieurs personnalités appartenant à la Fraternité essénienne.

Le but de leur voyage en Égypte ? Identifier de façon certaine l’âme habitant le corps de celui qui allait devenir Jésus puis authentifier celle-ci de façon très officielle. L’étape majeure de cette démarche aurait été Dendérah.

C’est là que la Mémoire du Temps s’est montrée la plus bavarde… Aujourd’hui, le temple de Dendérah est essentiellement réputé pour son Zodiaque qui indique une position des constellations différente que celle que nous connaissons actuellement… particularité qui suggère une modification de l’axe de la Terre à un moment donné de son histoire.
Il s’agit d’un temple dans lequel la déesse Nout – personnification de la voûte céleste et mère d’Isis avec laquelle elle se confond parfois – occupe une place de première importance. En visitant avec attention ses salles, on découvre au plafond de l’une d’elles une représentation en relief de cette déesse présentant un trou béant à la base de son corps comme pour souligner explicitement son aspect maternel. La Tradition de l’ancienne Égypte affirme en effet que Nout a enfanté de toutes les étoiles du firmament.

Pour faire écho à cela, le temple de Dendérah fut dédié aux naissances. L’une de ses constructions adjacentes était réservée aux grossesses difficiles et aux accouchements. Médecine et tradition religieuse étant étroitement liées chez les anciens peuples, des prêtres astrologues et des mystiques dotés de capacités psychiques y pratiquaient donc également.

C’est vers eux que Joseph et sa famille se sont dirigés. C’est là qu’il leur fut confirmé que le nouveau-né qu’ils portaient avec eux était bien ce que les Orientaux nomment un Avatar, c’est-à-dire un Maître réalisé investi d’une mission d’ordre divin. C’est là enfin que Jésus fut reconnu en tant que réincarnation de Zoroastre1. Tel est d’ailleurs le titre sous lequel il fut inscrit plus tard à son entrée dans le monastère du Krmel.

On ne semble pas s’être soucié, à l’époque, de rechercher plus loin dans son ascendance. Dans tous les cas, cela ne s’est pas divulgué, même dans les milieux les plus initiés. J’ajouterai seulement que dans l’esprit des prêtres qui se sont livrés à son identification, Jésus-Zoroastre était incontestablement lié à la Grande Fraternité himalayenne que nous nommons aujourd’hui Shambhalla mais dont en vigueur ne peut jamais être divulgué.

Cette reconnaissance a été le résultat d’un certain nombre de tests auxquels le tout petit enfant s’est vu soumis, un peu à la façon dont les Bouddhistes tibétains procèdent pour la reconnaissance d’un ¨tulku¨.

fraternité essénienne et tradition Égyptienne.

D’importantes cérémonies eurent lieu à Dendérah pour cette occasion. C’est également là qu’il fut décidé que le futur Jésus serait très vite ¨pris en mains¨ par des prêtres. Là est la raison majeure du séjour prolongé de la Sainte Famille en sol égyptien. Jésus y a vécu ses toutes premières années dans un milieu conscient de Qui il était et qui se montrait totalement axé sur sa formation.

On peut s’étonner qu’un aussi jeune enfant ait fait l’objet d’un tel empressement mais il est notoire que, de tous temps et dans toutes les cultures, les plus grands Avatars ont manifesté des aptitudes n’ayant aucun rapport avec leur apparence extérieure. Ils ont donc fasciné leur entourage.
On peut s’étonner aussi que cette première consécration et éducation de son être ait eu lieu en Égypte en non pas en Galilée ou en Judée… C’est justement là qu’il faut faire un pas de plus et prendre conscience qu’il n’existait pas de scission entre les initiés de la Fraternité essénienne et une certaine Tradition égyptienne.

Il est facile d’en comprendre la raison car on parle ici de la Tradition égyptienne synthétisée par le pharaon Akhenaton, transmise par la suite à Moïse et préservée secrètement au cœur de ceux qui allaient devenir les Esséniens.

Même si la réforme d’Akhenaton a été rapidement balayée par ses successeurs, ses principes fondamentaux ont toujours survécu discrètement dans certains lieux et certaines Communautés. C’est ainsi qu’un pont s’est perpétué entre les deux peuples, préservant l’existence d’une Fraternité subtile au-delà des frontières et des oppositions apparentes… une Fraternité qui reflétait une volonté émanant du royaume himalayen de Shambhalla, bien évidemment connectée à l’âme de Jésus.

Le monastère du Krmel, rappelons-le, fut mis en place par Aménophis III, père d’Akhenaton, sur un territoire qui appartenait alors à sa juridiction. Lorsque Jésus y a séjourné entre sa septième et sa douzième année, ce n’était que la continuité logique d’un parcours décidé depuis toujours. Les racines esséniennes et celles de la grande Tradition égyptienne sont les mêmes, elles remontent à l’origine des Temps.

Dans le delta du Nil, la préparation.

Que penser maintenant des affirmations des Chrétiens d’Égypte – les Coptes – pour lesquels la Sainte Famille a séjourné en divers lieux du delta du Nil ? Je dirai que les Annales akashiques confirment cela. Après Dendérah, Joseph et sa famille se sont accordés aux demandes de la Fraternité et ont bel et bien vécu dans des lieux discrets du nord de l’Égypte, pour la plupart des bethsaïds, où vivaient des prêtres habilités à ¨travailler¨ à la préparation du tout jeune enfant. Ces lieux étaient généralement des grottes qui avaient tout naturellement, et depuis fort longtemps, servi de sanctuaires en tant que ¨matrices¨ offertes par Isis, la Déesse-mère, éternelle Vierge cosmique dont le principe a ¨recouvert¨ Marie de son souffle..

Ainsi, les Annales ne parlent pas du tout de fuite, ainsi que je l’ai déjà mentionné, ni même de dissimulation mais d’une vie ¨préparatoire¨ et pas aussi discrète qu’on l’imagine car Joseph était connu pour être le prêtre majeur du Temple essénien de Jérusalem tandis que Marie avait fait office de Gardienne de la Flamme pour toute la Fraternité. L’un comme l’autre étaient des personnalités très respectées. Ils formaient un couple simple mais pas aussi pauvre qu’on nous l’a toujours fait croire.

Un deuxième séjour.

Que dire ensuite de Jésus l’Égyptien ? Que son rapport avec l’Égypte ne s’est pas arrêté à sa petite enfance. Il y a de nouveau fait un séjour conséquent après avoir quitté le Krmel et juste avant son départ vers l’Inde, c’est-à-dire vers sa quinzième année… La route était logique… C’est ce que traduit probablement à sa façon la Tradition de l’Islam en parlant des ¨premières graines du Christianisme¨ que j’ai également mentionnées précédemment. Il faut toutefois ne pas ignorer non plus le fait que Jésus a à nouveau fait halte en ce lieu en rentrant de son long périple. Il avait d’anciens maîtres à y saluer avant de retourner sur sa terre natale pour y accomplir son destin.
Ce dont la Mémoire du Temps témoigne clairement c’est que Jésus a bel et bien enseigné et officié dans certains temples du delta du Nil. Cette Mémoire donne accès à la vision d’une Communauté de Thérapeutes qui vénéraient le soleil et qui vivaient dans un petit village non loin d’Alexandrie à proximité d’une sorte de falaise de roches blanches. Un site archéologique existe de nos jours sur ces lieux. À ma connaissance, on peut le visiter.

Et un troisième…louxor et la grande pyramide.

Que Jésus soit également retourné en Égypte à son retour d’Asie et avant même de rejoindre la Galilée ne fait pas non plus de doute. Les Annales permettent de le voir longuement à Louxor, dans les sous-sols du temple, là où bon nombre de méthodes de traitements énergétiques furent rassemblés et structurés sous Aménophis III, puis, bien sûr, sur le plateau de Giseh dans le contexte de la Grande Pyramide. C’est en effet dans la salle royale de cette pyramide que la Conscience du Christ l’a habité pour la première fois2 et qu’a donc été réellement exprimé l’impact de son rayonnement avant même l’événement du Jourdain.

Les grands initiateurs de l’humanité.

Quand on fait le résumé de tout cela, ce qui est remarquable c’est le ¨mutisme parlant¨ de l’Église face à la présence de Jésus en Égypte. On me dira qu’il y a peu d’éléments historiquement crédibles, que les textes canoniques sont peu bavards, que les Coptes sont des dissidents vis à vis de Rome et que, surtout, des témoignages comme le mien n’ont strictement aucune valeur.
En réalité, c’est surtout que Jésus est devenu la propriété exclusive d’une certaine interprétation de la Pensée christique. C’est que l’affirmation, par les propriétaires en question, de Qui Jésus a été et de Ce qu’il a accompli ne souffre pas le moindre partage. Jésus tel qu’on nous veut nous faire croire qu’il fut, c’est-à-dire pleinement Christ dès le départ, est devenu très rapidement une ¨marque déposée¨ de Rome n’ayant connu que l’ancienne terre de Palestine.

On a ainsi réussi à nous faire admettre qu’il a inventé le Christianisme, de surcroît à partir de rien puisque, avant lui, il n’y avait rien qui puisse conduire l’humain à l’Éveil.
Que son rôle ait été déterminant, je le clame aussi haut que possible… mais quant à dire qu’il a coupé avec tout ce qui existait avant lui, je ne peux en aucun cas être d’accord.
Jésus s’est inscrit dans la lignée des très grands Initiateurs solaires de l’Humanité. Il a suivi cette lignée dans ce qu’elle avait de plus beau, parce que nul ne construit sur rien. Qu’il l’ait magnifiée, ne fait aucun doute – je fais tout pour en témoigner – mais son action et sa personne se sont inscrits dans la continuité de la manifestation du grand Plan divin qui s’écrit sur Terre depuis des millions et des millions d’années.
Ne pas être capable de concevoir ou d’admettre que Jésus ait pu entretenir de profonds rapports avec l’Égypte deviendra bientôt un combat d’arrière-garde, tout comme celui qui s’obstine à refuser son long voyage vers l’Inde et l’Himalaya.
C’est un combat qui s’appuie sur une sorte d’orgueil absurde, lequel orgueil ne devrait pas avoir place au sein d’une recherche mystique authentique, c’est-à-dire non assujettie à un dogme et à une tendance.

L’essence christique

La recherche de l’Essence christique – Essence que l’on trouve présente dans toutes les grandes Traditions de ce monde – ne peut aboutir à travers les débats théologiques aux finalités trop souvent temporelles. Elle restera également toujours étrangère à l’approche historique puisque l’Histoire et les textes sur lesquels elle se base se manipulent au gré des clans politiques et philosophiques. La recherche du Christ ne peut se satisfaire que par l’expérience directe.
Sa voie est celle du dépassement des frontières intérieures et des partisaneries qui en découlent. La Parole et le Regard réconciliateurs du Christ adombrant Jésus ne sont l’exclusivité d’aucune culture. Ils se réclament de toutes.
Il m’est arrivé d’écrire ¨Jésus l’Égyptien¨ aussi naturellement que ¨Jésus l’Essénien¨… Si demain je devais écrire ¨Jésus l’Indouiste¨ ou encore ¨Jésus l’Amérindien¨, cela ne me dérangerait pas davantage.
Son Esprit, ainsi que l’affirmaient les Gnostiques, se rejoint dans l’Un par l’abandon du deux.
« Si vous faites le deux – UN – vous serez Fils de l’Homme », annonce l’Évangile selon Thomas3

Il serait temps de le comprendre… et pas simplement dans notre tête.

Daniel Meurois

Note :

1 – Zoroastre est aussi appelé Zarathoustra. Il est à l’origine, en Perse antique, d’une religion monothéiste parlant d’un dieu unique créateur du Ciel et de la Terre et d’un principe duel s’exprimant en chaque être humain.

2 – Voir ¨De mémoire d’Essénien¨ aux Éditions Le Passe-Monde.

3 – L’Évangile selon Thomas¨ est un texte rédigé en Copte et qui relève de la Tradition gnostique. Il a été retrouvé en 1945 à Nag Hammadi, en Haute Égypte, au Nord de Louxor.

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